C.
T. Pedersen et la Canalaska

C. T. Pederson en costume.
(Archives
des Territoires du Nord-Ouest/N- 1986-002: 0066)
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Christian
Theodore Pederson vint pour la première fois en Arctique
en tant que membre de l’équipage d’un
baleinier qui passa l’hiver à l’île
Herschel, en 1894-1895. Après cette première
expérience, il continua à travailler dans l’industrie
baleinière à différentes tâches,
pour finalement commander le baleinier Challenge qui passa
l’hiver à Point Barrow, en Alaska, en 1908-1909.
Après
l’effondrement du marché des fanons de baleine,
qui avait débuté en 1906, Pederson poursuivit
son travail comme capitaine de bateaux utilisés
dans le commerce de la fourrure le long des côtes
de l’Alaska. Pederson tenta de partir en affaires à son
compte, pour la première fois en 1912, avec l’acquisition
d’une goélette qu’il baptisa Elvira.
Malheureusement, la Elvira fut prise dans les glaces
et détruite lors de sa seconde saison de commerce
et de chasse à la baleine le long des côtes
de l’Alaska. Ce fut à ce moment que Pederson
amorça une relation d’amitié avec
Georges Washington Porter, un homme aux origines européenne
et inuite d’Alaska qui servait comme « homme à tout
faire » sur la Elvira. Porter jouera plus tard
un rôle clé dans le commerce Canalaska de
Pederson à Kitikmeot.
En
1914, Pederson retourna dans l’Ouest arctique
canadien lorsqu’il fut engagé par la H. Liebes
Company de San Francisco comme commandant du navire ravitailleur Herman, afin d’aller ravitailler les postes de traite
de la compagnie en Alaska et pour diriger des voyages commerciaux
et de chasse à la baleine dans la mer de Beaufort.
Il continua à venir dans le nord pendant la saison
d’eau libre, puis à chasser la baleine et
commercer dans l’Ouest arctique, comme capitaine
du Herman, jusqu’en 1922.
Chez
les résidents autochtones et blancs du nord, Pederson,
comme capitaine du Herman, acquit une réputation
de marchand honnête et digne de confiance qui fournissait
des biens à des prix raisonnables. Cette réputation
lui fut grandement utile lorsqu’il démissionna
de la H. Liebes Company, en 1923, après une dispute à propos
de son salaire, et qu’il décida d’organiser
son propre voyage commercial à bord de sa goélette
motorisée Nanuk. Ce fut un tel succès qu’il
parvint à évincer ses anciens employeurs
de l’Ouest arctique; sa nouvelle compagnie, la
Northern Whaling and Trading, était née.
Peu
de temps après que Pederson eut établi
son nouveau commerce, le gouvernement canadien invoqua
un règlement existant qui interdisait le commerce
côtier aux navires étrangers. Avant de devoir
se conformer à cette loi, Pederson pouvait naviguer
le long de la mer de Beaufort et multiplier les arrêts
commerciaux aussi loin à l’est que l’île
Baillie. Mais il devait maintenant laisser ses biens à Herschel
et payer une taxe sur leur valeur. Pour se conformer à ces
nouvelles conditions, Pederson construisit un entrepôt
douanier à l’île Herschel, en 1924,
et un poste de traite, en 1925. Afin de poursuivre ses
pratiques commerciales au Canada, il créa une
filiale canadienne de la compagnie Northern Whaling and
Trading, la compagnie Canalaska Trading, avec des partenaires
d’affaires de Vancouver. La Canalaska prenait livraison
des biens à Herschel et conduisait le commerce
côtier à partir des goélettes Nigalik et Emma, plus petites mais plus résistantes aux
conditions hivernales, qui étaient enregistrées
au Canada.

La goélette à gaz Emma de la Canalaska, Cambridge Bay, septembre
1929.
(L.T.
Burwash/ Archives nationales du Canada /PA 99650)

Le poste de traite de la Canalaska avec en avant-plan la goélette
commerciale
de la compagnie, la Nigalik, Cambridge Bay, 1931.
(Archives
nationales du Canada /PA 100686)
En
1925, le commerce de Pederson connaissait un si grand
succès qu’il dut remplacer le navire Nanuk,
de 261 tonnes, par l’ancien garde-côte Patterson,
de 580 tonnes. Il avait deux petites goélettes,
la Nigalik et la Emma, et établissait des postes
de traite aussi loin à l’est qu’à Gjoa
Haven sur l’île King William. Là,
son agent George Washington Porter fils recevait des
fourrures d’aussi loin à l’est que
l’île Sommerset dans l’Est arctique.
La Nigalik et la Emma rencontraient le Patterson à l’île
Herschel annuellement pour échanger des fourrures
et des biens commerciaux.

Le Patterson au chantier naval d’Oakland,
en Californie,
presque prêt à prendre
la mer pour l’île Herschel.
(Archives
nationales du Canada /C 26527)
La
Canalaska fut une florissante compagnie de commerce de
fourrures, compétitionnant férocement
avec la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH). Malheureusement,
il y eut un déclin des activités commerciales
sur la côte arctique après le début
de la dépression économique de 1930. À cette époque,
la CBH continuait de se développer et de relocaliser
ces postes de traite. Pederson ne parvint pas à convaincre
ses partenaires de la Canalaska de poursuivre le développement
pour rencontrer les nouveaux défis, et dut recommander
la vente de la compagnie à la CBH. La Canalaska
lui fut vendue en 1936. La CBH racheta les stocks des postes
localisés aux endroits compétitifs, et la
goélette Nigalik fut laissée pour 10 000
$. La Canalaska cessa ses activités dans le Kitikmeot,
en 1938. |