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Un Inuit remarquable

photo d'Angulalik et sa famille
Angulalik et sa famille, Perry River, 1959.
(S.J. Bailey/Archives nationales du Canada/PA-175729)

Les signes extérieurs du succès d’Angulalik étaient nombreux. Il avait un commerce florissant, un gros navire et il était reconnu pour importer des vêtements élégants du sud. Rien d’étonnant à ce qu’il se démarqua parmi la population autochtone du Nord canadien. Il fut photographié à maintes reprises et on parla de lui dans les journaux et les magazines. En 1935, il reçut la médaille du Jubilé du roi Georges V en reconnaissance de ses accomplissements.

En 1953, il reçut la médaille du Couronnement de la reine Élizabeth II. Cependant, la décennie des années 1950 réservaient de durs moments à Angulalik et à sa famille, alors qu’Angulalik fut traîné en justice pour meurtre.

Durant l’année 1956, les fils d’un homme nommé Otoetok prirent l’habitude de voler des biens dans le magasin d’Angulalik. Angulalik attrapa l’un des garçons et le força à rendre les biens volés. Cet événement fut humiliant pour Otoetok, qui avait déjà publiquement manifesté son ressentiment pour la prospérité d’Angulalik. À plusieurs reprises après cet incident, des membres de la communauté furent témoins de menaces de mort faites par Otoetok à l’égard d’Angulalik.

La situation devait s’envenimer durant les festivités du Nouvel An, le 31 décembre 1956, au domicile de Norman Evalik. Dans une maison pleine à craquer de fêtards qui buvaient de la bière artisanale, Otoetok menaça à nouveau Angulalik et commença à le bousculer. Angulalik essaya en vain de s’éloigner d’Otoetok. Dans le vacarme causé par l’alcool et la fête, personne ne se rendit compte à quel point l’altercation était sérieuse, et sans doute pris de panique, Angulalik frappa Otoetok avec le petit couteau qu’il traînait toujours pour manger.

Les blessures d’Otoetok n’étaient pas sérieuses, car il n’avait qu’une légère coupure au bras et une incision à l’abdomen. Cependant, puisqu’il ne soigna pas ces blessures et continua à boire et à manger copieusement pendant les jours qui suivirent, les gaz intestinaux qui en résultèrent forcèrent une partie de ses intestins à sortir par la coupure à l’abdomen. Le 4 janvier, Otoetok mourut d’une mort atroce par occlusion intestinale.

Lorsque Angulalik apprit la mort d’Otoetok, il dicta une lettre à Norman Evalik et en envoya une copie à la police et une au gérant de la CBH, Bill Heslop. Dans sa lettre, il expliquait à quel point il était bouleversé par la mort d’Otoetok et qu’il avait pensé se suicider. Durant le procès qui s’ensuivit, à Cambridge Bay, devant le juge Sissons, Angulalik fut acquitté de l’accusation de meurtre.


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